L’ouverture : un des 3 piliers de la Photo

On l’a déjà vu, l’ouverture du diaphragme de l’objectif fait partie des 3 règlages essentiels de la captation de la lumière, au même titre que la vitesse d’obturation et que la sensibilité (de la pellicule ou du capteur).

L’ouverture, comme son nom l’indique, correspond au diamètre d’ouverture du diaphragme de l’objectif : plus celui-ci sera ouvert, plus il aura de surface disponible pour laisser entrer la lumière. A l’inverse, plus il est fermé, moins la lumière rentrera. En termes d’exposition (pour une vitesse d’obturation et une sensibilité fixées), une image prise avec une grande ouverture sera donc plus claire qu’une image prise avec une ouverture plus faible.

Un peu de maths

L'ouverture relative, une mesure optique

Schéma d’une lentille optique

Pour rentrer dans le détail optique de ce paramètre, le fameux Nombre d’Ouvertureque l’on associe à l’ouverture, correspond au rapport suivant :

N = f/D

f est la longueur focale et D le rapport d’ouverture de l’objectif : pour un objectif de 50mm par exemple, une ouverture à f/2 signifie que l’ouverture maximale du diaphragme sera de 50/2 soit 25mm.

C’est cette formule qui explique la façon (f/X) dont sont notées les ouvertures de nos objectifs. On comprend également plus facilement (à mon sens) une chose qui trouble nombre de débutants en photographie : à mesure que X augmente, l’ouverture diminue !

En effet, même si l’on omet souvent le « effe sur … » lorsque l’on parle d’ouverture, il ne faut pas oublier qu’il s’agit du résultat d’une division : plus le dénominateur est grand, plus le rapport sera petit.
Ainsi, il est tout à fait logique qu’un objectif qui ouvre à f/1.4 soit plus lumineux qu’un objectif ouvrant à f/4.

L’ouverture sur un objectif

Objectifs Canon & Tamron

Quelques objectifs aux ouvertures diverses

Maintenant que je vous ai un peu perdu avec ces considérations mathématiques, revenons à des choses un peu plus terre à terre. Sur un appareil photo, notamment un reflex, contrairement à la distance focale par exemple, l’ouverture se règle par crans, en tournant la molette de réglage. Pour chaque cran de la molette, la quantité de lumière qui passera par le diaphragme est divisée (ou multipliée) par deux. Enfin, en théorie.

En effet, par convention et pour plus de facilité, il a été décidé de définir une suite d’indices pour lesquelles l’éclairement serait multiplié (ou divisé) par deux en passant d’une valeur à l’autre. Il s’agit d’une suite géométrique de raison \sqrt{2} tronquée à la première décimale (désolé, encore des maths) :

Indice 0 1 2 3 4 5
Ouverture relative 1 1.4 2 2.8 4 5.6
Les indices d'ouverture standard

Les indices d’ouverture standard les plus courants

Si vous avez déjà manipulé un reflex, ces chiffres devraient vous rappeler quelque chose. Mais voilà, sur les objectifs modernes, il est possible d’utiliser des ouvertures intermédiaires, rendant ainsi plus facile pour les photographes de trouver la bonne exposition. Pour vous donner un exemple, le 30mm Sigma que je viens d’acquérir propose une ouverture maximale de f/1.4, mais également des réglages à f/1.6, f/1.8, f/2, etc.

Dans la pratique, ça ne change pas grand chose puisque ces valeurs intermédiaires permettent un réglage plus fin de l’exposition : tant mieux pour nous ! Sur les reflex, il existe deux modes où l’on peut modifier l’ouverture :

  • le mode manuel où par définition tous les paramètres de l’exposition sont personnalisables, et où il vous faudra maintenir le bouton Av enfoncé et tourner la molette pour la modifier,
  • et le mode priorité à l’ouverture noté Av ou A sur la molette de sélection des modes, et où il vous suffira de tourner la molette pour la modifier : le boîtier se chargera de modifier la vitesse d’obturation pour compenser vos réglages.

Pourquoi modifier l’ouverture ?

Puisque l’on peut compenser une ouverture faible (ou importante) par une vitesse d’exposition plus lente (ou plus rapide), à quoi cela sert-il donc de modifier l’ouverture de votre objectif ? Pour faire joli, oui messieurs dames !

En effet, lorsque l’on modifie l’ouverture du diaphragme, on varie également la profondeur de champ du cliché que l’on s’apprête à prendre. Cela fera l’objet d’un prochain article, mais pour faire court, la profondeur de champ, c’est la proportion de l’image qui sera nette :

  • plus elle est faible, et plus l’image sera floue en dehors de la zone de mise au point,
  • plus elle est grande, et plus l’image sera nette.
Une photo avec une ouverture à f/1.4

Sur cette photo, l’ouverture est importante (f/1.4), et donc la zone de netteté centré sur le bout de la branche au premier plan.

Photo avec une ouverture à f/5.6

Sur celle-ci, l’ouverture est de f/5.6, et l’arrière plan est donc net lui aussi.

La profondeur de champ dépend de plusieurs paramètres, mais il faut retenir que plus l’ouverture est faible, plus la profondeur de champ sera importante et donc l’image nette. Avec cela en tête, il ne vous reste plus qu’à essayer par vous même de jouer avec ces paramètres 😉

Attention cependant : si vous utilisez une grande ouverture, n’oubliez pas que la quantité de lumière absorbée sera plus importante. Pensez à adapter la vitesse d’obturation et la sensibilité ISO en conséquence pour éviter la surexposition.

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